Église 2.0 : être chrétien à l’heure d’Internet

Je vais commencer par une trivialité : aujourd’hui, à l’heure d’Internet, tout le monde accède à l’information dont il a besoin en quelques clics. Et le domaine de la foi n’est bien sûr pas épargné. Je parle de l’Eglise 2.0 en référence au phénomène datant d’une dizaine d’années (déjà !) dans lequel tout le monde peut désormais s’exprimer librement sur Internet (web 2.0, social, participatif) : ça a commencé avec les forums, ça a continué avec les blogs et aujourd’hui, ça s’amplifie toujours plus avec les réseaux sociaux.

L’équilibre du corps de Christ

social-1958774_1920Je crois que la facilité des échanges a enrichi l’Eglise. Les assemblées locales s’ouvrent vers l’extérieur, partageant les prédications, la dernière étude biblique du groupe de jeunes, le chant composé par tel membre de la chorale, les photos du dernier agapé, ou même des cultes en direct. Et tout ceci est généralement accessible aux paroissiens … et aux gens venus d’ailleurs. Web 2.0 oblige, il n’y a plus « seulement » quelques leaders bien pensants qui prennent la parole. Je précise que je n’ai rien contre les leaders bien pensants, simplement, certaines personnes sont beaucoup plus effacées alors qu’elles ont pourtant aussi des choses à dire.
Tout le monde peut s’exprimer, donner son avis, ne serait-ce qu’en cliquant ou pas sur un «like» … Il y a un changement de donne dans les échanges, en ces temps où le pasteur se retrouve parfois devant une assemblée qui attend passivement son pain quotidien (ou même parfois son pain du dimanche …). Bien sûr, je caricature un peu (beaucoup ?), il y a heureusement aujoud’hui des chrétiens qui se réunissent en dehors du culte hebdomadaire pour des réunions de prières, des études bibliques, des retraites, … qui permettent à chacun d’échanger. Mais en bref, je crois qu’Internet a permis de déterrer certains talents enfouis sous terre, le talent des « simples membres » qui ont appris à utiliser leur dons pour l’édification de l’Eglise. Internet semble avoir contribué à une maturité plus « équilibrée » des membres du corps de Christ.

Les loups dans la bergerie

Si tout le monde peut aujourd’hui s’exprimer, c’est bien … mais évidemment, cela comporte également son lot de dangers. N’importe qui (presque) peut s’improviser « expert » en tel sujet. Regardez-moi : qui suis-je ? Personne de particuliers (si ce n’est disciple de Jésus), et pourtant, vous êtes en train de lire mon article avec beaucoup d’attention. Les jeunes (et pas qu’eux) se tournent facilement vers les grands prédicateurs d’églises connues, qui savent communiquer à la façon « one-man show » … Honnêtement, je n’ai rien contre la forme, mais que cela ne nous empêche pas d’examiner le fond. Si les jeunes donnent davantage d’autorité à des inconnus (finalement très connus du grand public chrétien) qu’à la Parole de Dieu, il y a clairement problème. Si les jeunes ne vivent leur foi que virtuellement et n’ont plus aucune attache avec les chrétiens qui les entourent (généralement, ce qu’on appelle l’église locale), de « vrais gens », il y a peut-être aussi problème. Peut-être faudrait-il aussi s’inquiéter si les jeunes font fi du conseil des anciens, qui de manière générale, ne font pas de webcasts sur youtube, ne publient pas d’articles sur Internet, ne diffusent pas leur dernière méditation sur leur journal Facebook, … Encore une fois, je parle de « jeunes », mais cela nous concerne tous. Je crois que, de manière générale, si on limite les messages de Dieu à un certain canal (mon pasteur préféré, les livres de tel auteur, l’orateur en vogue sur Internet, … je ne parle bien sûr pas de la Parole de Dieu, qui sera toujours un canal fiable à 100% – tant qu’on n’en tord pas le sens), il peut aussi y avoir souci. Je ne dis pas qu’il faut dire « amen » à tout, mais simplement, restons attentif à la voix du Seigneur. Il parle tantôt d’une façon, tantôt d’une autre.
sheep-1778123_1920Nous sommes une génération qui veut tout révolutionner (j’en fais partie, la preuve avec mes blogs). On a beaucoup d’attente car on a pris l’habitude d’avoir à portée de clics l’information (bonne ou mauvaise) qu’on veut … Les prédications de mon pasteur sont insipides ? No problem, je vais me nourrir du dernier message de l’église machin … Et ce n’est pas que l’apanage des jeunes. Aujourd’hui, dans les communautés, il y a parfois (souvent ?) une soif qui n’est pas assouvie par le simple « culte du dimanche », ou même les activités annexes. Et Internet a semblé combler ce vide … de manière plus ou moins bien. Oui, parce qu’aujourd’hui, les fameux loups déguisés en brebis (Matthieu 7:15-20) ont aussi directement accès à nos maisons (2 Timothé 3:6-9) au travers notre écran d’ordinateur/tablette/smartphone …
Une partie de la population n’a pas l’air vraiment avertie de la véritable influence des médias sur notre façon de penser. Et cela ne date bien sûr pas d’hier, mais le phénomène n’a fait que s’amplifier avec Internet. Une communication bien tournée peut aujourd’hui nous faire gober n’importe quoi. Pire encore, je ne veux pas la jouer « on nous espionne / on n’a plus de vie privée », mais le résultat de nos recherches est bien loin d’être neutre. Quant à ce qui s’affiche dans le flux d’actualité de nos réseaux sociaux … n’en parlons même pas ! Bref, avec cette facilité d’accès à l’information (que l’on n’a pas forcément choisie), il faut savoir faire la part des choses.

Bon, et en pratique, ça donne quoi ?

prierJe crois que le plus important est de savoir prendre son temps dans le désert pour écouter le murmure de Dieu. Ce n’est qu’avec une relation profonde avec notre Seigneur que nous saurons reconnaître sa voix. Différencier ce qui vient de Lui des contrefaçons. Aujourd’hui, plus encore qu’auparavant, nous avons besoin de l’Esprit Saint, l’Esprit de discernement. Et c’est l’affaire de chacun.
Je crois qu’il est également nécessaire d’adapter nos moyens de communication à cette nouvelle réalité. Je ne dis pas qu’il faut tout faire comme tout le monde : on n’est pas obligé d’ouvrir un site, d’avoir une page Facebook, ou de diffuser le culte en direct … mais pourtant, il faut être conscient que le diable prend du terrain par ce biais là.
Enfin, je crois qu’il y a un travail de sensibilisation à faire dans nos communautés. Sensibiliser les jeunes (et les autres) à « vivre l’Eglise », à connaître cette dimension « les uns, les autres » qui existait à l’époque des premiers disciples.
Il n’y a bien évidemment pas que « les terres d’Internet » sur lesquelles semer ou arroser. Dieu a placé chacun là où il est pour une mission particulière : le salut de son voisin, témoigner de l’amour de Dieu par un travail bien fait, s’occuper de ses enfants, … il y a autant de façons de servir Dieu que de personnes. Mais pour ceux qui se sentent appelés à servir dans le « numérique » (et je sais qu’il y en a qui lisent ce message et qui ont ce talent), cela peut paraître une goutte d’eau dans l’océan, mais ce n’est pas rien.
Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors et piétiné par les hommes.
Matthieu 5:13
Bon, alors, qui est partant ?

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