On n’est pas vieux, on n’est juste plus STK

Il y a 20 ans, je voulais être STK. Cela faisait 3 ans que le groupe avait été créé. Je ne voyais les choses que de l’extérieur. Je voyais des jeunes (enfin … pour moi, c’était des vieux !) qui avait plein d’idées, qui faisaient des choses trop bien. Je voyais plein d’activités, et tout ça, tout ça. La vraie vie passionnante pour l’adolescente que j’étais. Je commençais à assister à certaines réunions. On m’a dit gentiment que j’étais un peu jeune, mais dans ma petite tête qui avait finalement peut-être envie d’être grande trop vite, qu’importe, j’aimais revoir toutes les personnes de ce groupe.

Il y a 15 ans, j’étais STK. Ma relation avec le Seigneur avait un peu mûri. J’appréciais d’en apprendre toujours un peu plus chaque jour, d’avancer dans ma connaissance du Seigneur, mais aussi de me retrouver avec mes amis. J’aimais m’investir dans l’église et j’étais super motivée pour faire bouger notre génération. Passionné, on ne comptait pas vraiment le temps et les moyens investis dans nos activités. On voyait les choses en grand (pour l’époque). On était un groupe qui s’aimait les uns les autres. On a rigolé ensemble. On a pleuré. On s’est disputé. On s’est serré dans les bras. On nous a critiqué parce qu’on faisait des chansons que personne ne comprenait, parce que la musique était trop forte, parce qu’on dansait, parce que nos sketchs ne voulaient parfois rien dire ou qu’il n’y avait pas de message … Disons qu’on était un peu révolutionnaire (toujours pour l’époque). À côté de cela, quelques uns commençaient à nous quitter. J’étais étonnée et à la fois déçue, car malgré tout ce qu’on faisait, je ne comprenais pas qu’on puisse quitter un groupe si «génial» ! C’est vrai qu’on a fait quelques flops (mais est-ce une raison de partir ?) et puis sûrement que les affinités n’étaient pas aussi fortes avec tous. Comme dans tout groupe. Mais un jour, quelqu’un m’a dit «j’arrête, parce que je ne suis pas édifiée» et je me suis sentie bête et un peu vexée. Dans ma tête, je me suis dit : «Si t’es pas édifié, pourquoi tu n’apportes pas toi-même ta pierre à l’édifice»…

Il y a 10 ans, j’étais STK. J’ai commencé à me sentir vieille quand j’ai vu la nouvelle génération arriver (et je suis pourtant encore bien jeune). Et de toutes façons, j’avais déménagé loin de mes amis. Et les réseaux sociaux (virtuels) ne connaissaient pas l’ampleur qu’ils ont aujourd’hui. J’étais STK aussi dans ma «ville d’accueil» mais avec beaucoup moins de ferveur. Je me suis rendue compte que ce n’était pas «partout pareil», que tout n’était pas forcément bien cadré comme là où j’étais. Il y avait beaucoup de choses à construire. On a commencé avec ceux qui étaient là. Puis, j’ai dû (encore) partir. Pas bien loin, mais partir quand même. Alors, j’ai arrêté.

Aujourd’hui, je ne suis plus STK. Et je me demande ce que j’ai laissé derrière moi.

Je me revois à la place de ces personnes qui venaient nous dire que nos spectacles étaient parfois inappropriés. Et je me dis qu’ils n’avaient peut-être pas tord. Et pourtant, c’est comme ça qu’on aimait louer le Seigneur.

Je me revois en train de parler de tout et de rien, jouer, chanter, manger et rire. Et je me dis qu’on aurait pu passer plus de temps à prier et étudier la Bible ensemble. Et pourtant, c’est comme ça que j’ai appris l’amour fraternel.

Je me revois à la place de ceux qui sont partis. Pour de bonnes ou mauvaises raisons. Et je me dis qu’ils ont peut-être pu rencontrer Jésus ailleurs. Car oui, malgré la déception, est-ce qu’il n’y a «point de salut en dehors du STK» ?
Je me revois, au milieu de mes amis, et je regarde le chemin qu’on a parcouru. Il paraît que ça s’appelle le recul. On n’est pas vieux, on n’est juste plus STK.

Je ne sais pas vraiment ce que font les STK d’aujourd’hui. Mais je me pose cette question : est-ce qu’on a bien passé le témoin ? Et pour les vieux jeunes, y-a-t-il «une vie après les STK» ? Qu’est-ce qu’on en retient et qu’est-ce qu’on a apporté ? Sur un air de «T’as pas changé, qu’est-ce tu deviens ?», on a peut-être poussé un grand OUF de soulagement après avoir arrêté ce rythme de fou … mais maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? On fonde un foyer, on travaille, … ou pas. On entre dans la chorale, on devient diacre, on devient président … ou pas. Un tas de questions qui font parfois le même effet que la retraite sur un ancien cadre dynamique. L’effet plouf.

Au travers ce site, j’aimerais, si Dieu le permet, réfléchir à la façon dont mon expérience STK a fait de moi celle que je suis, réfléchir aux choses que j’aurais fait différemment, réfléchir à la place de ces «vieux jeunes» dans l’église. J’aimerais aussi encourager les jeunes d’aujourd’hui. Je ne sais pas si ça sera toujours agréable à lire, mais sachez que ce sera toujours avec amour. Je ne veux pas tomber dans la caricature ou une critique non constructive. Ce sont des réflexions personnelles, qui n’engagent que moi, et que je ne veux pas imposer comme parole à graver dans le marbre : je souhaite simplement faire une rétrospective et en tirer des leçons. Que ça vous fasse réfléchir, tant mieux, mais examinez vous d’abord vous-même. Et pardessus tout, je souhaite me poser la question : et Jésus dans tout ça ? Comment le STK m’a fait grandir, préparer, rapprocher (ou éloigner ?) de Jésus ? Ceux qui ont déjà lu mon témoignage savent que beaucoup de choses ont changé depuis ces «quelques» années, et je continue à être façonnée par les mains du potier aujourd’hui encore. Alors, même si ce site traitera certainement de «la forme», l’essentiel à retenir sera «le fond» de mes pensées. Facile, n’est-ce pas 😊 ?

Allez, vous me suivez ?

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